'Car c'est sans doute la plus belle chose sur cette terre...Et même si parfois cela nous rend un peu "fous" P.
« Pressions de mains-immense dossier romanesque-, geste infime à l'intérieur de la paume, genou qui ne s'écarte pas, bras étendu, comme si de rien n'était, le long d'un dossier de canapé et sur lequel la tête de l'autre vient peu à peu reposer, c'est la région paradisiaque des signes subtils et clandestins. »
Sommes-nous tous faits pour l'amour ? Je répondrai que oui, s'il y a bien un sentiment que tout le monde est capable de connaître c'est surement celui-ci. Nous sommes faits pour aimer. Nous en avons la capacité et surtout le besoin. Bien sûr chacun aimera à sa manière, à sa façon. Certains seront possessifs, d'autres simuleront un certain détachement, mais au final nous sommes tous les mêmes, nous avons besoin de cela.
« Aimer l'amour : annulation, bouffée de langage au cours de laquelle le sujet en vient à annuler l'objet aimé sous le volume de l'amour lui-même : par une perversion proprement amoureuse c'est l'amour que le sujet aime, non l'objet. »
Je pense, et certains ne seront pas d'accord, que nous sommes capables d'aimer plusieurs fois, de renouveler, peut-être pas à l'infini, l'expérience, le voyage amoureux. En effet, sur des millions de personnes, je puis en aimer plus d'un.
« J'ai aimé ou j'aimerai plusieurs fois dans ma vie. C'est donc que mon désir, tout spécial qu'il soit, s'accroche à un type? Mon désir est-il classable? Y a-t-il, entre tous les êtres que j'ai aimés, un trait commun, un seul, si infime soit-il (un nez, une peau, un air ,la minceur d'un sourcil, des lèvres, un regard , tel grain de beauté, une façon d'étendre les doigts en fumant), qui me permette de dire : voila mon type! »A l'inverse, si l'Amour, est une chose unique, un sentiment rare et précieux. Alors des millions de pales copies essaient de le rendre accessible, saisissable, banal (et fade ?). Dans ce cas, par quel hasard, par quelle chance, puis-je rencontré, l'être aimé, sur des centaines d'individus à travers le monde ?
« Suis-je amoureux?-Oui, puisque j'attends. L'autre, lui n'attend jamais. Parfois je veux jouer à celui qui n'attend pas; j'essaye de m'occuper ailleurs, d'arriver en retard; mais à ce jeux je perds toujours : quoi que je fasse, je me retrouve dés½uvré, exact, voire en avance. »Certains symptômes montrent que l'on est amoureux. 'L'attente' est l'un des principal. En effet, le sujet amoureux est en attente constante. Il attend l'Autre, ses mots, ses attitudes, ses reproches, ses fautes. Mais il l'attend sa venue, ses coups de téléphone...L'amour c'est l'attente de l'être aimé Cette attente est honteuse, car on ne vit qu'au travers l'autre. En effet, l'amoureux ne peut écrire, ou parler de lui, de sa vie, sans parler de l'Autre, ce n'est donc pas sa propre histoire qu'il raconte mais celle de l'être aimé : « J'ai rencontré X, en compagnie de Y", "Aujourd'hui X était de mauvaise humeur", "X ne m'a pas téléphoné" etc... qui reconnaîtrait là une histoire? L'événement, infime, n'existe qu'à travers son retentissement, énorme: Journal de mes retentissements (de mes blessures, de mes joies, de mes interprétations, de mes raisons...) : qui y comprendrait quelque chose? Seul l'Autre pourrait écrire mon roman. »
« Le deuil de l'image, pour autant que je le rate, me fait angoissé ; mais pour autant que je le réussi, il me rend triste.
Dans le deuil réel, c'est "l'épreuve de la réalité" qui me montre que l'objet aimé a cessé d'exister. C'est moi qui décide que mon image doit mourir .tout le temps que durera ce deuil étrange, il me faudra donc subir deux malheurs contraires : souffrir de ce que 'autre soit présent (continuant, malgré lui à me blesser) et m'attrister de ce qu'il soit mort (tel du moins que je l'aimais). Ainsi je m'angoisse (veille habitude) du téléphone qui ne vient pas, mais dois me dire en même temps que ce silence de toute manière est inconséquent, puisque j'ai décidé de faire mon deuil d'un tel souci : il appartenait seulement à l'image amoureuse d'avoir à me téléphoner, cette image disparue, le téléphone, qu'il sonne ou non, reprend son existence futile. »
« Comment finit un amour? Quoi, il finit donc? En somme, nul-sauf les autres n'en sait jamais rien. Quoi que devienne l'objet aimé, qu'il disparaisse, ou passe à la région amitié, de toute manière, je ne le vois même pas s'évanouir : l'amour qui est fini s'éloigne dans un autre monde. Je ne puis moi-même construire jusqu'au bout mon histoire d'amour: je ne suis le poète que pour le commencement; la fin de cette histoire, tout comme ma propre mort, appartient aux autres, à eux d'écrire le roman. »Le sentiment amoureux, est éphémère, périssable. Il y a une date limite à sa consommation. Une date inconnue, et c'est surement cela qui en fait tout le charme. On sait quand cela commence, mais pas quand cela finit...C'est peut-être cette instabilité, qui rend l'amour si précieux ? Quand on trouve l'amour on sait que d'un moment à l'autre, la petite flamme s'éteindra, et que tout sera à recommencer.





